Long de près de 8 000 kilomètres, Le câble Lum@link permettra de connecter la Guyane à l’Europe sans transiter par un pays tiers comme les Etats-Unis ou le Brésil. Un projet d’envergure, estimé à 41 millions d’euros, dont 11 millions financés par le fonds européen FEDER, qui vise à renforcer à la fois la souveraineté numérique et la capacité de connexion du territoire.
Un enjeu de souveraineté et un défi technologique sur 8 000 km
Pour Philippe Dumont, directeur général d’EllaLink, société exploitante du câble, Lum@link répond à un besoin devenu primordial dans le contexte international sous tension actuellement dans la grande région :
« Ça permet tout simplement de raccorder la Guyane à l’Europe sans passer par un État tiers. À l’époque où la ligne a été conçue, ce n’était pas forcément un sujet majeur, mais ça l’est beaucoup aujourd’hui »
Le câble assurera des liaisons de très haute capacité à la fois vers le Brésil, via Fortaleza, et vers l’Europe, à proximité de Lisbonne, offrant ainsi une diversification des routes numériques et une meilleure résilience du réseau.
La mise en œuvre de Lum@link représente un véritable exploit technique. La transmission repose sur la fibre optique, qui nécessite un renforcement régulier du signal. « Tous les 100 kilomètres, on installe des répéteurs qui réamplifient la lumière pour lui permettre de repartir sur un nouveau segment », détaille Philippe Dumont.
Au total, des dizaines d’équipements jalonnent le tracé sous-marin afin d’assurer la continuité et la fiabilité du signal sur l’ensemble du parcours transatlantique.
Un levier pour l’économie et le pouvoir d’achat
Au-delà de la souveraineté, Lum@link constitue un atout économique majeur pour la Guyane. Marie-Lucienne Rattier, directrice de la SPLANG, la société publique locale d’aménagement numérique, rappelle l’impact direct de la connectivité sur le développement du territoire :
« En 2018, la coupure du câble Americas 2 pendant deux semaines avait mis l’ensemble des entreprises en difficulté. Ces nouveaux câbles permettront d’avoir des données plus fiables vers l’Europe et offriront aux opérateurs des capacités moins chères »
Une baisse des coûts qui pourrait, à terme, se répercuter sur les abonnements des usagers et renforcer l’attractivité numérique de la Guyane.