Au cours de sa visite, le ministre s'est rendu au poste de contrôle de la crique Margot, sur la RN1. C’est l’un des principaux points de passage entre l’ouest guyanais et le reste du territoire.
Au poste de contrôle de la Crique Margot, sur la RN1, David Amiel découvre le travail quotidien des agents des douanes, de la Police nationale et des gendarmes contrôlant des centaines d’automobilistes.
Le ministre a insisté sur la nécessité de combiner contrôles routiers, surveillance fluviale et dispositifs aéroportuaires pour lutter efficacement contre les trafics :
« C'est avec ces lignes de défense en plusieurs profondeurs que l'on peut protéger le territoire contre la contrebande, la contrefaçon, le trafic d'espèces protégées et, évidemment, le narcotrafic. »
Des douaniers plus mobiles pour surprendre les trafiquants
Quelques kilomètres plus loin, changement de décor. Sur le Maroni, à la frontière entre la Guyane et le Suriname, David Amiel embarque avec les équipes engagées dans l’opération ATIPA, un dispositif de contrôle aléatoire lancé en 2024 qui intercepte chaque jour près des centaines de pirogues.
Mais constat : à quelques mètres en amont du dispositif, sur la plage de la Charbonnière, personnes et marchandises continuent de débarquer.
Le ministre a pu se rendre compte en échangeant avec les autorités sur place que les réseaux adaptent constamment leurs itinéraires pour contourner les points de contrôle fixes notamment sur différentes criques et autres layons. Il souhaite donc renforcer la mobilité des équipes sur le terrain.
« Les trafiquants sont mobiles, nous devons l'être aussi. J'ai donné comme consigne à la douane de pouvoir surprendre en permanence grâce à des contrôles mobiles. »
Cette stratégie s'appuiera notamment sur le futur scanner mobile actuellement utilisé au port de Dégrad-des-Cannes. Dès l'installation du nouveau scanner lourd prévue dans le cadre du plan Douane 2030, cet équipement pourra être déployé dans l'ensemble de la Guyane, en fonction des besoins opérationnels. « Nous pouvons aussi nous appuyer sur des moyens modernes que nous avons comme les drones », ajoute David Amiel.
Une frontière difficile à surveiller
Le maire de Saint-Laurent-du-Maroni, Lénaïck Adam, soutient cette montée en puissance tout en rappelant les contraintes propres à la frontière du Maroni :
« On a une frontière très large. Il faut améliorer les méthodes tout en permettant à la population de continuer à vivre librement sur cet espace, mais aussi contrôler ce qui entre et sort de notre territoire. »
À Saint-Laurent-du-Maroni, une vingtaine de douaniers et une centaine de gendarmes sont actuellement mobilisés. Le gouvernement prévoit un renforcement progressif des effectifs et des équipements afin d'intensifier la lutte contre les trafics dans l'ouest guyanais.