Les deux derniers corps portés disparus après le naufrage d’une pirogue sur le fleuve Maroni ont été retrouvés ce lundi matin 6h20 et 6h30 selon la mairie de Grand Santi, mettant fin aux opérations de recherche, selon la préfecture :
"Au lever du jour, les deux derniers corps sans vie ont été localisés en aval de la commune de Grand-Santi".
Le drame s’est produit tôt samedi, lorsqu’une pirogue transportant sept personnes a coulé. Trois occupants, dont le piroguier, ont pu être secourus, tandis que quatre passagers avaient disparu.
Deux corps avaient déjà été découverts dimanche, dont l’un sous la pirogue accidentée, depuis récupérée. Les corps sont actuellement en cours d’identification. Les victimes étaient toutes des enseignants du premier degré exerçant à Grand-Santi.
Le piroguier placé en garde à vue
Les rescapés ont été entendus par les gendarmes. Le piroguier, de nationalité surinamaise, a été placé en garde à vue pour homicides involontaires et mise en danger de la vie d’autrui. La procureure de la République, Aline Clérot, précise les raisons de cette décision :
« Le piroguier a effectivement été placé en garde à vue ce dimanche à 13h30 à ma demande, du fait des circonstances dans lesquelles l’accident est survenu. Les déclarations ont été recoupées et nous avons vérifié que les personnes à bord ne portaient pas de gilets de sauvetage. Elles circulaient de nuit, ce qui est strictement interdit sur le Maroni. »
Des manquements graves aux règles de sécurité sont ainsi au cœur de l’enquête.
Un appel fort à la prévention
Le préfet de Guyane, Antoine Poussier, rappelle la nécessité absolue de renforcer la prévention sur les fleuves :
« Cet accident tragique confirme la nécessité absolue de porter le gilet de sauvetage à bord d’une pirogue. Cet arrêté a été pris en coordination avec les autorités coutumières et les élus. Ces accidents sont évitables, mais ils se reproduisent trop souvent. Il faut collectivement faire évoluer les comportements. »
La communauté éducative profondément affectée
Face à ce drame, le recteur de l’Académie de Guyane, Guillaume Gellé, s’est rendu ce lundi à Grand-Santi pour soutenir la communauté éducative. Les écoles du premier degré resteront exceptionnellement fermées lundi et mardi.
« La communauté enseignante de Grand-Santi est durement affectée et a besoin de soutien. Une cellule psychologique, organisée par l’ARS, est mise en place pour les enseignants et les élèves qui le souhaitent. Ce drame nous affecte tous, et nous sommes pleinement à leurs côtés. »
Le centre de coordination des recherches a désormais été levé, alors que Grand-Santi reste plongée dans le deuil.
