Dans un communiqué au ton ferme, l’UTG dénonce une situation qui dure depuis plusieurs mois au bloc opératoire de Kourou. Selon le syndicat, les conditions de sécurité sont « dégradées, connues, signalées, documentées, et restées sans réponse effective de la Direction ».
Face à ce qu’ils estiment être une mise en danger des patients et des soignants, l’ensemble du personnel du bloc opératoire a décidé d’exercer son droit de retrait. Une décision prise « conformément au Code du travail », afin de protéger la sécurité de tous.
« La sécurité n’est pas négociable »
Le constat dressé par l’UTG est sévère : des conditions de travail dangereuses, une prise en charge des patients dégradée, et l’absence de solutions concrètes, malgré des pistes identifiées. « La sécurité n’est pas négociable », et « le droit de retrait est un droit, pas une faute », martèle le syndicat :
« Le personnel hospitalier n’a pas vocation à compenser indéfiniment des carences organisationnelles, ni à servir de variable d’ajustement sous pression médicale ou hiérarchique »
Des pressions dénoncées par les personnels
Malgré ce droit de retrait, l’UTG affirme que des pressions ont été exercées pour tenter de reprendre les interventions chirurgicales. Une situation vécue comme une injonction impossible par les agents selon le syndicat :
« Choisir entre leur responsabilité professionnelle, leur sécurité et la continuité des soins, alors même que les conditions minimales ne sont pas réunies »
Les dysfonctionnements évoqués ne seraient ni nouveaux ni imprévus. Ils auraient été signalés à de multiples reprises par les équipes et les représentants du personnel, sans qu’aucune décision « claire et opérationnelle » ne soit prise.
La réponse du CHU de Guyane
De son côté, la direction du CHU de Guyane confirme qu’un droit de retrait a bien été exercé au bloc opératoire du site de Kourou. Elle l’explique par la « perception d’odeurs de résine consécutives à une intervention technique menée pour traiter une fuite au bloc obstétrical ».
Dans son communiqué, la direction indique avoir engagé plusieurs mesures :
- la programmation de consultations ORL pour les agents concernés,
- l’intervention de l’organisme APAVE, lundi 26 janvier, pour réaliser des mesures acoustiques dans les salles du bloc,
- le report des interventions programmées jusqu’à la fin des travaux menés par la société SKF, prévue entre le 6 et le 11 février.
Par ailleurs, des travaux plus importants sont annoncés, avec le remplacement de l’ensemble des centrales de traitement de l’air.
Un dialogue encore fragile
La direction assure rester « pleinement mobilisée pour un retour à une activité normale dans des conditions sécurisées pour les soignants et les patients », et annonce une rencontre prochaine avec les organisations syndicales. Reste à savoir si ces annonces suffiront à apaiser la colère des personnels, qui estiment que les alertes ont trop longtemps été ignorées et que, désormais, « trop, c’est trop ».
