Restitution des 400 000 hectares : la FOAG hausse le ton avant la journée des peuples autochtones

Rédigé le 28/07/2026

En 2017, dans le cadre des Accords de Guyane, l'État s'était engagé à restituer 400 000 hectares de terrain aux communautés autochtones du territoire. 9 ans plus tard, cet engagement n'a toujours pas été tenu. Seul le processus de rétrocession foncière aux collectivités a été lancé.  Une situation que la FOAG a choisi de dénoncer publiquement, avant de présenter le 7 août une nouvelle proposition destinée à débloquer le dossier.

Sortir du Grand Conseil coutumier pour dialoguer directement avec l'État

Selon son président Aulaguea Thérèse, la fédération a fait le choix, en 2024, de quitter le Grand Conseil coutumier, jugé inadapté à l'avancée de ses revendications. « En 2024, on est sortis du Grand Conseil coutumier parce que le format n'était plus du tout adapté à l'avancée de nos revendications sur le terrain », explique-t-il. Depuis, la FOAG a retravaillé sa position sur les 400 000 hectares « avec le concours des Yopoto (chef coutumier) Kali'na », en vue de proposer « des nouvelles modalités, notamment le rapport direct avec l'État et non plus passer par une interface externe à nos communautés ». 

Cette nouvelle feuille de route sera officiellement présentée lors de la conférence du 7 août, que la fédération espère la plus suivie possible : « C'est pour ça qu'on a tenu à communiquer en amont pour inciter le plus de personnes à venir nous écouter. »

Une vision globale du territoire et un répartition à parts égales entre six peuples

Au-delà de la question de la surface, la FOAG défend une approche du foncier qui dépasse la seule cartographie administrative. « Nous, on y a rajouté une notion de spiritualité », précise Aulaguea Thérèse, qui évoque une vision incluant « nos zones sacrées, nos zones de régénération » et la garantie qu'un Kali'na « de Saint-Laurent jusqu'à Kourou » puisse circuler « sans discontinuité sur une terre Kali'na », avec accès aux mangroves, au fleuve, à la mer et aux savanes. Une démarche que la fédération présente aussi comme porteuse d'une « plus-value patrimoniale » pour l'ensemble du territoire guyanais, à travers la préservation de nos traditions et du territoire. 

Présence des peuples autochtones lors de la manifestation à Kourou en avril 2017 © Radio Péyi 

Reste la question de la répartition entre les six peuples autochtones de Guyane. Sur ce point, la FOAG a tranché : « Les 400 000 hectares à parts égales pour les six peuples », affirme son président, qui plaide pour la création d'« un établissement public par peuple, non pas un établissement public pour l'ensemble des peuples, mais par peuple », afin que les décisions soient prises « au plus près des communautés » plutôt qu'« au centre littoral par des personnes externes ». La fédération réclame également l'application effective de la « zéro fiscalité sur ces terres autochtones », prévue selon elle « noir sur blanc dans les Accords de Guyane ».

Des discussions déjà engagées avec l'État

Le dossier n'en est pas à ses débuts : la FOAG affirme avoir déjà échangé avec plusieurs ministères ainsi qu'avec les élus locaux « pour définir ensemble la trajectoire » permettant de débloquer le dossier, tant au niveau local que national. Un travail que la fédération entend désormais accélérer. « Il faut maintenant agir », conclut Aulaguea Thérèse.